Veröffentlicht von den Radical Life Studios / MTB Report
Article pratique, valable pour chaque saison de chasse
par Robert Langer
L’ouverture générale est passée dans la plupart des départements, les premières battues arrivent et les panneaux « chasse en cours » refont leur apparition au bord des chemins. Ce que disent vraiment les chiffres, ce qui a changé depuis le plan sécurité de 2023, et comment rouler sereinement jusqu’à la fin février.
Les chiffres de la dernière saison
Commençons par ce qui rassure. Selon le bilan publié en juillet par l’Office français de la biodiversité (OFB), la saison 2025-2026 a compté 92 accidents, dont quatre mortels. C’est le nombre de décès le plus bas jamais enregistré en France. Trois de ces quatre morts sont des chasseurs qui se sont blessés avec leur propre arme.
Pour les non-chasseurs, la tendance baisse aussi : dix personnes ont été blessées, contre seize la saison précédente, dont quatre grièvement. Les chasses au grand gibier concentrent deux tiers des accidents, et la première cause reste le non-respect de l’angle de 30 degrés, cette zone dans laquelle un tireur posté ne doit jamais tirer en direction de ses voisins.
Dix blessés, c’est peu à l’échelle d’un pays qui compte des millions de promeneurs, de coureurs et de vététistes. C’est aussi dix de trop. Et quand ça arrive, ça arrive souvent là où nous roulons.
| Le risque est faible. Il n’est pas nul, et il se concentre là où nous roulons. |
Montriond, octobre 2018
Le nom de Mark Sutton reste attaché à cette question. Le 13 octobre 2018, ce Gallois de 34 ans installé dans la vallée roulait en VTT sur un chemin de Montriond, en Haute-Savoie, quand il a été mortellement touché par une balle lors d’une battue au sanglier. Le tireur l’avait pris pour un animal.
En décembre 2020, le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a condamné l’auteur du tir à quatre ans de prison dont trois avec sursis pour homicide involontaire. Quatre autres personnes ont été condamnées pour avoir falsifié des éléments après les faits, notamment le carnet de battue et la signalisation.
L’affaire rappelle une chose essentielle : la responsabilité d’un tir incombe à celui qui tire. Un vététiste sur un chemin n’est pas un gibier. Mais avoir raison ne protège pas de l’erreur d’un autre.
Le plan sécurité 2023 : où en est-on ?
En janvier 2023, le gouvernement a présenté un plan de quatorze mesures pour « tendre vers le zéro accident ». Parmi elles : l’interdiction de chasser sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, une formation obligatoire pour les organisateurs de battues, la généralisation de l’angle de 30 degrés et des gilets fluo, des panneaux de signalisation harmonisés et l’affichage en mairie des jours chassés dans les communes à ACCA. L’idée d’une journée sans chasse, elle, a été écartée.
La mesure la plus attendue par les usagers de la nature était une plateforme numérique de l’État sur les lieux et les temps de chasse, annoncée pour l’automne 2023. À ce jour, nous n’avons pas trouvé trace d’un outil national unique et opérationnel. Ce sont surtout des initiatives locales qui prennent le relais.
Dans le Jura, la fédération départementale des chasseurs a lancé pour l’ouverture de cette saison l’application Chassé&Croisé, qui permet aux promeneurs et aux vététistes de voir les secteurs où une battue est organisée. Autour de Sète, l’agglomération géolocalise en temps réel les battues sur le massif de la Gardiole. Dans les Ardennes, le parc naturel régional propose une carte des zones chassées. De bonnes idées, mais un patchwork.
| Promise pour 2023, la plateforme nationale se fait attendre. Les territoires bricolent en attendant. |
Les panneaux « chasse en cours »
Sur une battue, les panneaux signalent aux passants qu’une action de chasse collective se déroule dans le secteur. Qu’ils aient ou non valeur d’interdiction selon le lieu, leur message est clair : quelques centaines de mètres plus loin, des personnes sont postées avec des armes chargées et des chiens poussent le gibier vers elles.
Faire demi-tour dans ce cas n’est pas une question d’obéissance. C’est du bon sens. Et c’est souvent le moment de découvrir un autre versant.
Nos conseils pour rouler pendant la saison
Sors les couleurs
Marron, kaki, gris et noir disparaissent dans la forêt d’automne. Un gilet fluo, une veste orange ou jaune, un casque clair ou une housse de sac à dos coûtent peu. Les chasseurs portent de l’orange pour une bonne raison : selon les connaissances actuelles, chevreuils et cerfs ne perçoivent guère cette couleur comme un signal, les humains si. La couleur réduit le risque, elle ne le supprime pas.
Renseigne-toi avant de partir
Regarde l’affichage en mairie, le site de la fédération départementale ou les outils locaux quand ils existent. Dans beaucoup de secteurs, les battues ont surtout lieu le week-end et les jours fériés. Un coup d’œil la veille peut t’éviter une sortie écourtée.
Évite l’aube et le crépuscule
C’est le moment où le gibier est le plus actif et où les chasseurs à l’affût sont en place. En saison, privilégie les sorties en pleine journée.
Fais-toi entendre
Si tu entends des coups de feu, des chiens ou des cris de rabatteurs, change d’itinéraire. Si tu te retrouves quand même au milieu d’une battue, reste sur le chemin, arrête-toi et signale-toi à voix haute. Une voix humaine reste le signal le plus fiable. Suis les indications des chasseurs ou du responsable de battue.
En cas d’incident
Si tu es mis en joue ou visé par un tir, note le lieu le plus précisément possible et appelle le 17 ou le 112. Un incident signalé peut éviter l’accident suivant.
Notre regard
La France a fait de vrais progrès. Le nombre de morts à la chasse n’a jamais été aussi bas, et la formation des chasseurs s’est nettement renforcée. Il serait injuste de ne pas le dire.
Mais le partage de la nature repose sur l’information, et c’est là que le bât blesse. Nous ne réclamons pas de journée sans chasse ni de forêts fermées. Nous réclamons ce qui a été promis : un outil national, simple et fiable, qui indique où et quand on chasse. Aussi évident qu’une application météo. Partager plutôt qu’interdire, ça commence par savoir qui est où.
| Partager plutôt qu’interdire, ça commence par savoir qui est où. |
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